J’ai grandi en région parisienne, dans le Val-de-Marne. Mais toutes mes vacances,
je les ai passées dans une maison familiale à la campagne.
Ces séjours étaient des parenthèses de liberté : je pêchais, je randonnais, seul,
en forêt, je me passionnais pour les plantes.
Quelques années plus tard, mes parents, pour m’encourager
dans cet amour de la nature, m’ont offert un écrin :
un terrain bordé par une rivière, un étang et une petite cabane en bois,
à Mansigné dans le sud de la Sarthe…Mes fenêtres de libertés s’égrenaient dorénavant chaque weekend, sur mon terrain.
Seul, d’abord, puis avec ma femme et mes enfants.
Très vite, tous les quatre plongés dans la verdure, on s’est mis à rêver d’autonomie, de verger, de vie au grand air toute l’année.
Alors en 2019, on a sauté le pas. On a trouvé une maison à Jupilles, un village à trente minutes de Mansigné. J’y ai trouvé un travail de cantonnier qui m’a permis de renforcer mes compétences en gestion des espaces verts… et de rencontrer l’osier.
J’ai été fasciné par sa culture, et surtout, par l’immense potentiel créatif
qu’il permet de déployer.

À Jupilles, j’ai aussi fait la connaissance de Sami, qui enseigne la vannerie et ses techniques. Ensemble, on a tressé jusqu’à n’avoir plus d’osier sous la main.
Tout un univers s’est ouvert devant moi.
J’ai acheté l’ancienne peupleraie qui borde mon étang et durant trois ans, je me suis lancé dans un travail de titan pour nettoyer ce terrain des houppes de peupliers qui le jonchaient.
J’ai commencé par planter quatre-vingts boutures de six variétés d’osier, testé mon installation, précisé mes techniques.
J’ai tressé, d’abord en autodidacte effréné, puis j’ai consolidé mon savoir
en collectionnant les stages de vanneries
auprès de formateurs réputés, comme Hervé Brisot de l’Oseraie du possible,
(stages, perfectionnement à la coopérative vannerie de Villaines-les-Rochers…) ou Daniel Poirier, qui m’a ensuite proposé d’animer ses stages à Fillé-sur-Sarthe,
avec l’association Nature et Balade.
Peu à peu, je suis devenu une petite industrie, autonome.
Ce que j’aime, c’est travailler de mes mains, évidemment, mais pas seulement. Travailler l’osier, c’est être en mesure de fabriquer quasiment tous les objets de la vie quotidienne. C’est retrouver un savoir-faire perdu depuis les années cinquante et l’explosion des matières plastiques.
C’est défendre l’idée que nous avons tous, à portée de main, les savoirs et les techniques, de la plante au tissage pour créer les objets dont nous avons besoin.

Je travaille en particulier l’osier brut, non écorcé,
qui permet d’utiliser toute la plante, et de ne rien jeter.
En mai 2024, j’ai ouvert mon atelier, avec mon oseraie et ma petite cabane au bord de l’eau pour accueillir et former tous ceux qui,
de la plante à la création, souhaitent fabriquer, créer, inventer !


